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EHPAD après une chute : démarches et choix d'établissement

Antoine Bonin, cofondateur et Directeur des Opérations de Zenior
Antoine Bonin
Cofondateur & Directeur des Opérations de Zenior

À retenir

  • 1 chute peut révéler une perte d’autonomie jusque-là peu visible et nécessiter une nouvelle évaluation des besoins.
  • 3 parties composent le dossier d’admission en ligne : volet administratif, médical et autonomie.
  • Plusieurs EHPAD peuvent être sollicités en même temps pour augmenter les possibilités d’admission.
  • 1 mois : c’est le préavis généralement prévu pour quitter un EHPAD, sauf dispositions différentes du contrat.

Une chute peut bouleverser rapidement le quotidien d’une personne âgée. Après une hospitalisation, le retour à domicile qui semblait évident quelques jours auparavant peut devenir difficile, voire impossible sans aide importante.

La chute peut aussi révéler une perte d’autonomie qui était jusque-là passée inaperçue : difficultés à se déplacer, peur de retomber, besoin d’aide pour la toilette ou les repas, troubles de l’équilibre… Dans certains cas, l’équipe médicale et la famille envisagent alors une entrée en EHPAD.

Mais un placement en EHPAD après une chute ne doit pas forcément être décidé dans l’urgence. Selon l’état de santé de la personne, un retour à domicile avec des aides, un hébergement temporaire ou une autre solution intermédiaire peuvent être envisagés.

Alors, comment savoir si l’EHPAD est réellement adapté ? Quelles démarches effectuer après une chute ? Et comment choisir un établissement qui pourra accompagner la personne dans la durée ?

Une chute signifie-t-elle qu'il faut entrer en EHPAD ?

Non. Une chute, même importante, ne signifie pas automatiquement qu’une personne doit entrer en EHPAD.

La première question à se poser est de savoir comment la personne peut vivre après la chute : peut-elle encore se déplacer seule ? Se lever et se coucher sans assistance ? Prendre ses repas ? Faire sa toilette ? Prendre correctement ses traitements ? Rester seule plusieurs heures sans danger ?

Une chute peut être un événement isolé. Mais elle peut aussi être le signe d’une fragilité plus importante ou d’une perte d’autonomie progressive.

Après une hospitalisation, l’équipe médicale peut donc réévaluer les besoins de la personne et envisager différentes possibilités :

  • retour à domicile avec des aides et des soins ;
  • adaptation du logement ;
  • hébergement temporaire ;
  • séjour en soins médicaux et de réadaptation (SMR) ;
  • résidence pour personnes âgées ;
  • EHPAD lorsque le niveau de dépendance et les besoins de soins le justifient.

Le service social de l’hôpital peut aider la famille à organiser cette sortie et à identifier les solutions adaptées.

Pourquoi une chute peut-elle accélérer une entrée en EHPAD ?

Une chute peut entraîner une perte de confiance et une diminution de la mobilité. Une personne qui marchait encore seule peut ensuite avoir besoin d’aide pour se déplacer ou avoir peur de rester seule.

La situation peut également être aggravée par une fracture, une hospitalisation prolongée ou une période de rééducation.

Dans certains cas, la famille se rend alors compte que le maintien à domicile reposait déjà sur un équilibre fragile : proche aidant très présent, passages réguliers d’auxiliaires de vie, voisinage disponible ou logement peu adapté.

La chute agit alors comme un révélateur. Elle ne crée pas nécessairement la perte d’autonomie, mais peut rendre ses conséquences beaucoup plus visibles.

Quand envisager un placement en EHPAD après une chute ?

L’EHPAD peut être envisagé lorsque la personne a besoin d’un accompagnement quotidien que le maintien à domicile ne permet plus d’assurer dans de bonnes conditions.

Plusieurs éléments doivent être pris en compte :

  • le niveau d’autonomie ;
  • la capacité à se déplacer ;
  • les besoins de soins ;
  • les troubles cognitifs éventuels ;
  • la fréquence des chutes ;
  • la capacité de l’entourage à aider ;
  • les caractéristiques du logement ;
  • le souhait de la personne âgée.

Le GIR, déterminé à partir de la grille AGGIR, permet notamment d’évaluer le niveau de perte d’autonomie. Il ne suffit toutefois pas à lui seul pour choisir un établissement : les besoins médicaux, le comportement, les habitudes de vie et l’environnement familial doivent également être pris en compte.

Une personne peut par exemple être relativement autonome mais avoir besoin d’un environnement particulièrement sécurisé en raison de chutes répétées.

Que faire si la sortie d'hospitalisation est proche ?

C’est souvent le moment où les familles se sentent prises de court.

Si le retour à domicile semble compliqué, il est important de ne pas attendre le jour de la sortie pour commencer à chercher une solution.

Le service social de l’hôpital peut notamment aider à :

  • évaluer les possibilités de retour à domicile ;
  • identifier les aides nécessaires ;
  • rechercher une solution d’hébergement temporaire ;
  • préparer une demande d’admission en établissement ;
  • coordonner les démarches avec la famille et les professionnels concernés.

Un hébergement temporaire peut également permettre de ne pas prendre une décision définitive immédiatement. Certaines structures proposent des séjours temporaires, notamment pour les personnes âgées sortant d’hospitalisation.

Cette solution peut laisser le temps d’évaluer la récupération de la personne et de déterminer si un retour à domicile reste envisageable.

Comment choisir un EHPAD après une chute ?

Après une chute, le choix de l’établissement ne doit pas uniquement reposer sur la proximité géographique ou le prix.

Il faut surtout vérifier que l’EHPAD est capable d’accompagner les besoins actuels et leur éventuelle évolution.

1. Vérifier l'accompagnement de la perte d'autonomie

Demandez comment l’établissement accompagne les personnes ayant des difficultés à marcher, à se lever ou à effectuer les gestes du quotidien.

Il peut être utile de poser des questions concrètes :

  • Comment sont accompagnées les personnes qui ont besoin d’aide pour se déplacer ?
  • Les aides techniques sont-elles disponibles ?
  • Comment les risques de chute sont-ils prévenus ?
  • Les résidents peuvent-ils bénéficier de séances de kinésithérapie ?
  • Comment les déplacements sont-ils organisés ?

2. Regarder les besoins médicaux

Après une chute, les besoins de soins peuvent être plus importants qu’avant l’hospitalisation.

Il faut donc vérifier que l’établissement peut accompagner les éventuelles pathologies de la personne et assurer le suivi nécessaire.

En cas de maladie d’Alzheimer ou de troubles cognitifs associés, la présence d’une unité ou d’un accompagnement adapté peut également être un critère important.

3. Prendre en compte l'accessibilité

L’environnement de l’établissement compte beaucoup lorsqu’une personne vient de chuter.

Lors de la visite, observez notamment :

  • les couloirs ;
  • les ascenseurs ;
  • les accès aux espaces communs ;
  • la salle de bains ;
  • les équipements disponibles ;
  • les possibilités de déplacement avec un fauteuil ou un déambulateur.

La chambre doit également être suffisamment adaptée à la mobilité de la personne.

4. Visiter l'établissement

Une visite permet de voir ce qu’une fiche ou une brochure ne montre pas.

Profitez-en pour observer l’ambiance, échanger avec les professionnels et poser vos questions.

Demandez également à voir, lorsque cela est possible, les espaces de vie et les équipements utilisés au quotidien.

Comment faire une demande d'admission en EHPAD après une chute ?

L’admission en EHPAD passe par un dossier national unique. Il peut être utilisé pour une admission permanente ou temporaire.

Dans la quasi-totalité des départements, la demande peut être effectuée en ligne via ViaTrajectoire.

Le dossier comporte notamment :

  • un volet administratif ;
  • un volet médical ;
  • un volet autonomie.

Le volet administratif peut être rempli par la personne âgée ou par un proche habilité à l’accompagner dans la démarche. Le volet médical et les éléments liés à l’autonomie doivent être complétés par les professionnels concernés.

Faut-il faire une seule demande ?

Non. Il est recommandé de déposer des demandes auprès de plusieurs EHPAD.

ViaTrajectoire permet de remplir le dossier une seule fois puis de l’envoyer à plusieurs établissements. Cela permet également de suivre l’avancement des demandes et les éventuelles propositions d’admission.

Après une chute et lorsque la sortie d’hospitalisation approche rapidement, multiplier les demandes peut donc être particulièrement important.

Quels documents préparer pour l'admission ?

Pour constituer le dossier, prévoyez notamment les informations administratives de la personne, les éléments concernant sa situation médicale et son niveau d’autonomie.

Le dossier peut également préciser :

  • les raisons de la demande ;
  • la date d’entrée souhaitée ;
  • les coordonnées des proches ;
  • les aides financières envisagées ;
  • les besoins particuliers de la personne.

Si la demande intervient après une hospitalisation, il est utile de conserver les documents médicaux permettant aux établissements de comprendre la situation récente de la personne et son évolution.

La lettre de liaison remise lors de la sortie d’hospitalisation permet notamment d'assurer la continuité des informations médicales entre les professionnels.

Quelles aides pour financer un EHPAD après une chute ?

Le coût d’un EHPAD peut représenter une charge importante pour une personne âgée et sa famille.

Trois principales aides peuvent contribuer au financement selon la situation :

L'APA en établissement

L’APA en établissement participe au financement du tarif dépendance pour les personnes classées en GIR 1 à 4.

Son montant dépend notamment du niveau de dépendance et des ressources du résident.

Les aides au logement

L’APL ou l’ALS peuvent contribuer à financer une partie du tarif hébergement, selon le statut de l’établissement et la situation de la personne.

L'aide sociale à l'hébergement

L’ASH peut contribuer aux frais d’hébergement des personnes ayant des ressources insuffisantes, à condition notamment que l’établissement soit habilité à recevoir des bénéficiaires de l’aide sociale.

Il est donc important de vérifier les aides disponibles avant de comparer uniquement les prix affichés par les établissements.

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Peut-on éviter l'EHPAD après une chute ?

Dans certaines situations, oui.

Lorsque la personne souhaite rester chez elle et que son état de santé le permet, un retour à domicile peut être organisé avec un accompagnement adapté.

Cela peut notamment passer par :

  • des aides à domicile ;
  • des soins infirmiers ;
  • de la kinésithérapie ;
  • la livraison de repas ;
  • de la téléassistance ;
  • l’adaptation du logement ;
  • l’installation d’équipements pour sécuriser les déplacements.

L’objectif est de déterminer si ces solutions permettent de garantir un quotidien suffisamment sûr et confortable.

Un retour à domicile ne doit cependant pas être considéré comme une solution à tout prix. Si la personne reste exposée à des chutes répétées ou nécessite une présence et des soins importants, un établissement peut devenir plus adapté.

Que faire si la personne refuse d'entrer en EHPAD ?

Le sujet peut être particulièrement délicat après une chute.

La personne âgée peut avoir l’impression que son autonomie lui échappe ou que sa famille cherche à décider à sa place.

Il est donc préférable d'essayer de comprendre ce qui motive son refus : peur de perdre son indépendance, mauvaise image des EHPAD, attachement à son logement, inquiétude financière ou simplement manque d’informations.

Lorsque cela est possible, associer la personne aux recherches et lui faire visiter plusieurs établissements peut l’aider à se projeter.

Il peut également être utile de comparer plusieurs solutions plutôt que de présenter directement l’EHPAD comme la seule option.

Combien de temps faut-il pour trouver une place après une chute ?

Il n’existe pas de délai unique pour obtenir une place en EHPAD.

Le délai dépend notamment de la localisation, du nombre de places disponibles, du profil de la personne et de la capacité de l’établissement à répondre à ses besoins.

C’est pourquoi il est préférable de faire plusieurs demandes en parallèle et de commencer les démarches dès que l’entrée en établissement est envisagée.

En cas de sortie d’hospitalisation imminente, l’hébergement temporaire peut parfois constituer une solution intermédiaire lorsque l’entrée immédiate en EHPAD n’est pas possible.

Placement en EHPAD après une chute : les étapes à retenir

Une chute peut nécessiter de revoir rapidement les conditions de vie d’une personne âgée. Mais l’entrée en EHPAD ne doit pas être automatique.

Avant de prendre une décision, il est utile de suivre plusieurs étapes :

  1. Évaluer l’état de santé et le niveau d’autonomie après la chute.
  2. Échanger avec l’équipe médicale et le service social de l’hôpital si la personne est hospitalisée.
  3. Comparer les différentes solutions : retour à domicile, hébergement temporaire, résidence ou EHPAD.
  4. Définir les critères essentiels pour le futur établissement.
  5. Déposer plusieurs demandes d’admission.
  6. Visiter les EHPAD sélectionnés.
  7. Comparer les tarifs et les aides financières avant de prendre une décision.

Le plus important est de choisir une solution qui corresponde non seulement à la situation actuelle, mais aussi à l’évolution probable des besoins de la personne.

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Besoin d’aide pour trouver un EHPAD après une chute ?

Une chute peut obliger une famille à prendre rapidement des décisions auxquelles elle n’était pas préparée.

Chez Zenior, nos Care Experts accompagnent gratuitement les familles pour comprendre la situation de leur proche, identifier les solutions adaptées à son niveau d’autonomie et rechercher des établissements correspondant à ses besoins et à son budget.

Vous venez de faire face à une chute et ne savez pas quelle solution choisir ? Contactez un Care Expert Zenior pour faire le point gratuitement.

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